Jean Broc, L'Ecole d'Apelle

Jean Broc, <i>L'Ecole d'Apelle</i>


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Titre : L'école d'Apelle.

Auteur : BROC Jean (1771 - 1850)

Date de création : 1800

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 375 - Largeur 480

Technique et autres indications : Huile sur toile.

Lieu de Conservation : musée du Louvre (Paris) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Référence de l'image : 06-529648 / RF27

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Date de publication : décembre 2008

Contexte historique

Le Salon de 1800 est le dernier du XVIIIe siècle et il est pourtant celui qui présente le plus de nouveautés artistiques. Paulin Duqueylar a peint un Ossian chantant (musée Granet, Aix-en-Provence) qui rebute les critiques par la crudité de ses couleurs et la nouveauté du sujet. Jean Broc, élève de David et camarade d’atelier de Duqueylar, révèle L’École d’Apelle à ce Salon et reçoit un prix d’encouragement. Les critiques contemporains ne saisissent pas la signification de l’œuvre de Broc.

Analyse des images

Dans une architecture qui s’inspire des modèles antiques et de la Renaissance, mais également de son maître (les trois arcades font implicitement référence à celles du Serment des Horaces), Broc met en scène Apelle, le peintre le plus talentueux d’Alexandre le Grand, et ses élèves. Contrairement à ses contemporains, qui utilisent des couleurs chaudes, le peintre cherche à retrouver la fraîcheur des teintes antiques et des fresques du XVe siècle, en accord avec le sujet présenté. Montrant son talent à réaliser des académies, il donne vie à de nombreux jeunes gens, dispersés par groupes ou seuls. Chaque personnage est une étude en elle-même. Ces différentes attitudes se réfèrent au Beau idéal. Dans une culture classique où l’Antiquité est érigée en modèle absolu, l’école d’Apelle devient un exemple pour les jeunes peintres. Broc marque également un net changement par rapport à son maître par le fort clair-obscur du premier plan. Il dépeint Apelle qui montre à ses élèves un dessin, la Calomnie d’Apelle, alors attribué à Raphaël. Ce dessin représente un épisode où un peintre, jaloux du talent de son rival, Apelle, l’accuse de trahison. Pour se défendre de ses détracteurs, Apelle exécute un tableau où un innocent est traîné par la Calomnie, l’Envie et le Repentir. Cet exemple emblématique de la Calomnie, représenté par Sandro Botticelli ou Albrecht Dürer, est repris par Broc, à travers Raphaël. L’artiste de 1800 ne cherche pas à figurer la calomnie en elle-même, de prime abord, mais se sert du lieu d’apprentissage, l’atelier, pour la porter au vu de tous. Broc réussit une mise en abyme anachronique, qui dépeint un artiste antique expliquant un dessin de Raphaël, artiste de la Renaissance.

Interprétation

Ce tableau dans un tableau n’a pas été appréhendé à sa juste mesure par la critique, sans doute à cause de son mauvais emplacement au Salon. Le choix de ce sujet par Broc peut s’expliquer d’une part par les goûts des Primitifs en matière d’art et, d’autre part, par les critiques que David faisait à Broc. Le maître trouvait que Broc était un coloriste qui ne se préoccupait pas assez du dessin. Et surtout il déclarait qu’il ne devait pas « [se] mettre dans l’esprit qu’il est un Raphaël ». Le tableau se comprend comme un manifeste pictural du groupe des Primitifs, qui illustre à la fois une césure avec le classicisme de David et la volonté de ne pas être vu comme dissident : il s’agit d’une rébellion ouverte et personnelle face à son maître d’un groupe qui se veut légitime.

Le tableau de Jean Broc est le symbole d’un changement en art ; les idées utopiques de la Révolution ont été transmises à la génération de l’atelier de David à la fin des années 1790. La fraîcheur des couleurs et l’originalité de la touche de Broc font que son style est remarqué par plusieurs artistes, dont Jean Auguste Dominique Ingres, son ancien camarade d’atelier. En accord avec la nouveauté de la situation politique française, Broc, qui montre un personnage calomnié, ferait-il également référence à Napoléon et à son contestable pouvoir ? En tout cas, Broc s’inscrit à la toute fin du XVIIIe siècle dans un esprit de création, cherchant à rompre tout lien avec un passé récent et avec la volonté de s’affirmer comme moderne, par la nouveauté du sujet.

  • néoclassicisme
  • portrait
  • Bonaparte (Napoléon)
  • Primitifs

Bibliographie

Étienne DELÉCLUZE, Louis David, son école et son temps, 1855, rééd.Paris, Macula, 1983.George LEVITINE, « L’École d’Apelle de Jean Broc : un « primitif » au Salon de l’An VIII » in Gazette des Beaux-Arts, n° 80, novembre 1972.George LEVITINE, The Dawn of Bohemianism : The Barbu Rebellion and Primitivism in Neoclassical France, University Park, Londres et Pennsylvanie, 1978.

Pour citer cet article

Saskia HANSELAAR, « Jean Broc, L'Ecole d'Apelle »


Video: Jean-Claude Milner  Léternel retour de la France éternelle 


Commentaires:

  1. Maiele

    avez-vous inventé une réponse aussi incomparable?

  2. Taveon

    Je m'excuse, mais à mon avis, vous vous trompez. Je propose d'en discuter. Écrivez-moi dans PM, nous parlerons.

  3. Acrisius

    Merci pour votre soutien.

  4. Tunde

    Comme tu dis mignon



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